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Introduction aux douleurs neuropathiques
Les douleurs neuropathiques au quotidien :
« Laisse-moi tranquille, j’ai vraiment trop mal ! »
« Mon mari ne veut plus voir personne, il se terre dans sa douleur »
ou au contraire :
« Chérie, reste avec moi cet après-midi, je n’ai pas envie d’être seul… »
« Je fais le maximum pour que mon mari oublie un peu ses douleurs »
Les douleurs chroniques ont un retentissement émotionnel important pour le patient, mais
aussi pour son entourage : vivre auprès d’un conjoint, d’un parent ou d’un enfant qui souffre
est une épreuve difficile qui peut bouleverser les rapports au sein de la famille.
Parmi ces douleurs, les douleurs dites « neuropathiques », consécutives à une atteinte du
système nerveux central (cerveau, moelle épinière) ou périphérique (nerfs), sont
particulièrement fréquentes (30 à 40% des consultations dans les centres d’évaluation et de
traitement de la douleur). Les patients qui en souffrent peuvent être mal compris par
l’entourage : ces douleurs sont difficiles à soigner et les traitements peuvent être identiques
aux médicaments prescrits dans le cadre d’une épilepsie ou d’une dépression, ce qui peut
ajouter à la confusion. Pourtant, ce sont de vraies douleurs, d’origine organique, dont le
retentissement physique, psychologique, social et familial est conséquent.
La plainte douloureuse : écouter la douleur
La localisation irradie souvent largement au-delà du territoire correspondant à la lésion. Mais
quel que soit le site de la lésion et sa cause, les douleurs neuropathiques ont des caractères
communs. Ce sont des douleurs spontanées, sans stimulation. On retrouve un « fond
douloureux » décrit souvent comme une brûlure, une impression d'étau, d'arrachement, de
piqûre, de morsure, de troubles de la sensibilité, sur lequel se greffent des accès paroxystiques
de douleur fulgurante à type de décharges électriques, d'élancements ou d’accentuation du
fond douloureux
Quelle qu’en soit la cause, la douleur neuropathique est souvent aggravée par l’activité (pire
en fin de journée), la fatigue ou la tension nerveuse. Elle est souvent déclenchée ou aggravée
par une stimulation mécanique ou thermique normalement indolore. En plus de la douleur, le
patient peut ressentir des paresthésies (fourmillements, désagréables ou non), un prurit
(démangeaison), des impressions diverses (sensation d’insecte rampant sur la peau…). Les
conséquences psychologiques sont importantes : anxiété, irritabilité, isolement social voire
syndrome dépressif. Les patients peuvent ressentir une sentiment de culpabilité devant le
caractère étrange de cette douleur
Dimension psychologique
L’équipe soignante doit aider le patient à comprendre les causes et les conséquences de sa
douleur neuropathique, ce qui signifie :
- l’aider à se représenter la cause supposée de la douleur,
- lui expliquer qu’il s’agit d’une douleur suite à une lésion nerveuse et non le signe d’une
maladie en cours d’évolution,
- lui expliquer que la résolution spontanée de la douleur avec le temps est rare, qu’elle ne
sera pas totalement éradiquée par le traitement et que la recherche d’un traitement
optimal pourra prendre un certain temps,
- le rassurer sur la prescription d’antidépresseurs ou d’anti-épileptiques, et sur l’absence
de risque de dépendance,
- l’informer des risques secondaires des traitements qui lui seront prescrits.
Il n ’existe aucune recette, le choix du traitement
est à adapter à chaque patient.
Nous n ’insisterons jamais assez sur l’importance
de l ’approche bio-psycho-sociale des
douleurs. Informer le patient sur les caract éristiques
des douleurs neuropathiques, leurs m écanismes,
leurs particularit és est très important.
Reconnaitre la r éalité de la douleur, offrir un
espace d ’écoute sont des étapes indispensables
à la réussite d’un traitement. Tout traitement
m édicamenteux doit donc être intégré à un soutien
m édico-social et psychique vu leur chronicité
et leurs r épercussions dans le quotidien du
patient, afin d ’éviter l’évolution vers un véritable
syndrome douloureux chronique. |